le Lundi 5 Décembre 2022
le Vendredi 22 juillet 2022 10:00 Nos communautés - Clare

Un projet d’art cartographique pour protéger La Vieille Maison de Meteghan 

Vieille maison avec imperméable temporaire — PHOTO - Daniel Robichaud
Vieille maison avec imperméable temporaire
PHOTO - Daniel Robichaud
Une entreprise acadienne a réalisé une estampe pour financer une partie des dépenses liées aux réparations de La Vieille Maison de Meteghan, qui risque de s’effondrer.

Jean-Philippe Giroux – IJL – Réseau Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

La carte nommée Le Grand Dérangement fait partie du nouveau projet intitulé Collection du Patrimoine Acadien, conçu par Saltwreck.

L’entreprise d’art cartographique a approché la Société Vieille Maison de Meteghan pour lui proposer un accord, sachant que la résidence est dans une situation précaire.

Miguel D’Eon, président de Saltwreck, déclare que cette initiative est sa manière de contribuer à la préservation du patrimoine acadien. « On a décidé de faire une carte de la Déportation avec une touche particulière », explique-t-il.

L’estampe Le Grand Dérangement de la Collection du Patrimoine Acadien, conçu par Saltwreck pour aider à préserver La Vieille Maison de Meteghan

PHOTO - Saltwreck Inc.

Travailler avec un arbre

Saltwreck a confectionné un nombre limité de cartes imprégnées de l’ADN végétal provenant de l’un des plus anciens pommiers du sud-ouest : le pommier Belliveau.

Le président mentionne avoir choisi cet arbre, cultivé pour la première fois au 18e siècle à Port-Royal, puisqu’il a été identifié comme l’un des patrimoines les plus importants de la culture acadienne.

M. D’Eon raconte que le pommier Belliveau existe encore aujourd’hui grâce à une transplantation de ces boutures dans la région de Clare. « On a des pommiers Belliveau depuis des centaines d’années », dit-il.

Le partenaire de Saltwreck, DNA Technologies, s’occupe d’imprimer un total de 25 cartes imprégnées de l’ADN du pommier.

Puisque le pommier Belliveau joue un rôle important dans l’histoire de la Déportation, tout comme la résidence à Meteghan, le choix de l’ADN végétal s’est imposé.

« Le plus ancien qu’on peut aller avec un pommier, le meilleur que c’est », commente Adrien B. Comeau, président de la Société Vieille Maison de Meteghan.

Adrien B. Comeau, président de la Société Vieille Maison de Meteghan

PHOTO - Gracieuseté

Du pain sur la planche

Construite en 1796, la Vieille Maison de Meteghan est l’une des plus anciennes maisons acadiennes de la période post-exil ayant été sauvegardée sur le territoire canadien.

Elle nécessite d’importantes réparations pour demeurer en bon état, notamment une nouvelle toiture, anciennement faite de bardeaux de cèdre.

Entre-temps, un drapeau acadien, servant d’imperméable temporaire, a été installé pour protéger la maison. « Ce n’est qu’une toiture temporaire, en attendant qu’on ait les fonds », rassure M. Comeau.

Par la suite, il faudra réparer des dommages à la fondation de la bâtisse ainsi que remplacer des fenêtres.

Pour une nouvelle génération

La résidence a servi de musée jusqu’en 2002, soit une couple d’années avant la naissance de M. Comeau. Ce dernier a passé devant la bâtisse à maintes reprises depuis qu’il est jeune, en se posant plusieurs questions sur son utilité.

« Si on peut rapporter l’édifice comme on le veut et puis qu’on peut rouvrir le musée, ça va donner espoir à la communauté d’avoir un peu de revirements dans notre histoire », défend le président.

Il souhaite qu’on réserve un meilleur sort à la Vieille Maison de Meteghan, comparativement à celui des églises et autres sites historiques à l’abandon, faute de moyens pour les réparer.

Vieille maison avant imperméable temporaire

PHOTO - Daniel Robichaud