le Samedi 13 août 2022
le Vendredi 22 juillet 2022 13:00 Nos communautés - Torbé

À la découverte de Torbé

Jude Avery, président de la Société des Acadiens de Tor Bay, sur la Passerelle Historique, à Larry’s River, l’une des quatre communautés de Torbé — PHOTO(S) - Nicolas Jean
Jude Avery, président de la Société des Acadiens de Tor Bay, sur la Passerelle Historique, à Larry’s River, l’une des quatre communautés de Torbé
PHOTO(S) - Nicolas Jean
TORBÉ - Pour connaître son histoire, il faut des gens pour la conter. Un défenseur de la cause acadienne travaille d’arrache-pied depuis des années pour raviver la culture francophone de Torbé pour les générations futures.

Jean-Philippe Giroux – IJL – Réseau Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

La région de Torbé est composée de quatre différents villages, à savoir Larry’s River, Charlos Cove, Port Félix et Lundy, ayant chacun ses particularités.

« Nous avons tous nos propres petites différences, précise Jude Avery, président de la Société des Acadiens de Tor Bay. Mais, en fin de compte, nous sommes tous Acadiens et nous sommes tous de la famille. »

Le Festival Savalette, né peu après le Congrès mondial acadien 2004, est la « colle » qui les a unis, mentionne M. Avery, puisqu’avant cette célébration annuelle, les villages n’avaient pas de projet commun.

À part ce pionnier, il y a plusieurs personnes qui offrent leur contribution. Jude remarque que le monde s’implique davantage. Ces dernières années, pour réduire la charge de travail, les membres font appel à un service de traiteur.

L’événement déclencheur 

Jude Avery a commencé sa carrière en enseignement à Pomquet. Dans ce nouveau milieu, le natif de Torbé a découvert des gens qui lui ressemblaient à plusieurs niveaux.

Cette expérience révélatrice lui a fait constater notamment que les gens étaient plus à l’aise autour de lui quand il se mettait à parler le même dialecte.

À travers son expérience, il conclut qu’il serait bien de célébrer publiquement la culture et l’histoire acadienne. Il a donc aidé à organiser le premier Carnaval d’hiver de Pomquet, en 1974.

C’était une occasion de faire découvrir aux anglophones des alentours des costumes, des artisanats, des recettes et de la musique typiquement acadienne qui, pour longtemps, était célébrée en privé.

« Avant ce moment-là, on se cachait, confesse-t-il. On mangeait un repas, c’était à la maison. On ne partageait jamais notre culture avec les gens des alentours. »

Peu de temps après, les Acadiens de Pomquet sont devenus membres de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANÉ), menant à plusieurs autres réussites pour la protection de la langue française.

De retour à Larry’s River, M. Avery a voulu créer un mouvement similaire pour les Acadiens de son coin de pays. Les décennies suivantes ont été marquées par plusieurs efforts pour faire reconnaître Torbé à l’échelle provinciale.

Jude Avery, président de la Société des Acadiens de Tor Bay, est en train de raconter une histoire dans la Salle Acadienne de Torbé

Finalement sur la carte

L’année dernière, la FANÉ a reconnu la municipalité de Tor Bay comme membre à part entière de l’organisme. 

La reconnaissance provinciale veut dire plus de ressources et de financement disponibles pour la Société des Acadiens de Tor Bay afin de réaliser des projets.

Jude Avery croit que plus les gens sont sensibilisés à leur histoire et leur culture, plus ils s’impliquent dans leur communauté.

Pour y arriver, il envisage d’abord à créer une activité traditionnelle, par exemple avec l’aide d’un conteur ou d’un cuisinier, pour attirer des touristes.

Mais M. Avery insiste sur le fait que la priorité de sa communauté est l’accès à l’éducation. « On veut travailler de toutes nos forces afin de développer une école francophone », lance-t-il.

Il poursuit que l’ajout d’un centre culturel à l’école serait idéal pour y organiser des événements à leur gré.

Le Festival de Savalette se tiendra du 4 au 7 août à Torbé.

Un drapeau acadien sur la Passerelle Historique, un pont permettant aux résidents de Larry’s River de marcher librement d’un côté à l’autre de la rivière. Ce passage était autrefois l’accès terrestre principal pour aller à l’école, au bureau de poste, au magasin, etc.