le Samedi 13 août 2022
le Vendredi 15 juillet 2022 7:00 Éditorial

Apprendre à vivre ensemble, en dépit des frontières

Au Canada, en 2019, 74 586 résidents temporaires sont devenus résidents permanents. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada déclare que 404 369 permis de travail temporaire ont été délivrés au cours de cette même année. 

Le système international que l’on connaît aujourd’hui a été établi en 1648 par l’entremise des traités de Westphalie. Entre États, les relations se veulent égalitaires, en se fiant à ce système qui comprend 195 pays reconnus par l’Organisation des Nations unies. 

D’après l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée à Paris en 1948 par l’Assemblée générale des Nations unies, « toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État ». 

La situation se complique lorsqu’un individu quitte le pays dans lequel il est citoyen pour aller travailler à l’étranger. Le Canada protège plusieurs droits des travailleurs étrangers temporaires (TÉT), dont le droit de travailler dans un milieu sécuritaire. 

Mais ces travailleurs ont encore de nombreux défis à relever, tel qu’illustré dans la chronique Au rythme de notre monde de cette semaine, rédigée par Réanne Cooper, stagiaire à l’Observatoire Nord/Sud. Elle parle des enjeux liés aux contrats de travail et à l’obtention du statut de résident permanent, entre autres. 

Mais rappelons-nous que le système westphalien est une construction sociale. Il a été créé il y a des siècles pour morceler la planète en morceaux de casse-tête en vue de former un nouveau regroupement d’unités politiques. Ce système était fort utile, à une époque où l’État était en contrôle de tout ce qui se passait sur son territoire. 

La mondialisation nous oblige à repenser continuellement l’importance des frontières, surtout avec la multiplication des entreprises internationales qui attirent de la main-d’œuvre et des possibilités d’emplois à l’étranger. 

Ces changements ne sont plus temporaires. Les personnes de partout dans le monde bougent de plus en plus, que ce soit pour le travail ou les études, et nos communautés sont le reflet de ce changement. 

Comme le dit si bien Mme Cooper, « en tant que population acadienne de la Nouvelle-Écosse, il est important pour nous d’être sensibles aux réalités autour des droits et conditions de travail de nos nouveaux voisins et voisines ».

Jean-Philippe Giroux 

Rédacteur en chef