le Samedi 13 août 2022
le Mercredi 13 juillet 2022 9:00 Acadie et Francophonie

Terrains près du Fort-Edward : la FANÉ n’abandonne pas le dossier

Le Lieu historique national de Fort-Edward, à Windsor — PHOTO - novascotia.com
Le Lieu historique national de Fort-Edward, à Windsor
PHOTO - novascotia.com
La Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANÉ) a déposé un mémoire devant les élus de la municipalité régionale de West Hants pour les inciter à explorer le potentiel touristique du Fort-Edward et de ces sites adjacents qui, selon l’organisme, tardent à être exploités à leur plein potentiel. 

Jean-Philippe Giroux – IJL – Réseau Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

L’organisme souhaite infléchir la décision du conseil de mettre sur le marché deux terrains voisins du Lieu historique national de Fort-Edward.

La FANÉ propose que ces lieux soient réservés à la communauté dans le but d’y construire une infrastructure pour les visiteurs incluant, entre autres, un musée, des toilettes publiques, un café, etc.

Marie-Claude Rioux, directrice générale de la FANÉ, est d’avis que des efforts supplémentaires doivent être effectués pour mettre le site historique en valeur. « On trouve que la municipalité de West Hants a un gros travail à faire de ce côté-là et peut nous appuyer là-dedans », déclare-t-elle.

Mme Rioux mentionne que le Congrès mondial acadien 2024 accueillera plus de 20 millions de visiteurs en province et que la municipalité pourrait profiter des retombées économiques du rassemblement en se focalisant sur le Fort-Edward.

Marie-Claude Rioux, directrice générale de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANÉ)

PHOTO - acadienne.ca

Un changement de direction

En mars dernier, les élus de la municipalité ont envisagé la possibilité de mettre les parcelles sur le marché.

L’une des options discutées était de les vendre à une entreprise pour y construire des immeubles d’habitation en hauteur devant le site historique. « Ça va effectivement enlever la vue qu’on a du Fort-Edward », précise Mme Rioux.

Depuis ce temps, le conseil a procédé à la deuxième phase d’une étude archéologique avant de prendre une décision. L’audience publique liée aux terrains a été ajournée au 25 octobre afin de poursuivre le travail de recherche.

Le Courrier de la Nouvelle-Écosse a tenté de joindre des représentants de la municipalité régionale de West Hants afin de connaître davantage sur la position des élus depuis le report de l’audience publique, mais n’a pas eu de retour avant la publication de l’article.

La FANE insiste sur le fait que des biens patrimoniaux liés à l’histoire des Acadiens pourraient être perdus, dans l’éventualité où le conseil déciderait de procéder à la vente.

D’une église à un fort 

Le Fort-Edward, à Windsor, a été bâti en 1750 afin de consolider les assises de l’Empire britannique dans la région. Il a également servi peu de temps après à la Déportation des Acadiens.

Ce sont les Acadiens de la région qui l’ont construit, après avoir reçu l’ordre de démolir l’église Notre-Dame-de-l’Assomption pour y bâtir la fortification.

Sous les ruines du fort se trouvent, à ce jour, les restes de l’église, incluant des artéfacts appartenant aux villages acadiens avoisinants.

En contrebas de la pente du Fort-Edward, il y a deux terrains associés à l’ancienne église. Ils appartenaient autrefois à Parcs Canada avant d’être transférés à la ville de Windsor en 1967 et, par la suite, à la municipalité régionale de West Hants en 2020.

D’après Jonathan Fowler, l’archéologue au cœur de la recherche préliminaire, des études supplémentaires pourraient permettre de repérer des objets du presbytère et des bâtiments annexes datant de l’époque avant la Déportation.

« Il y a des artéfacts acadiens qui risquent d’être toujours dans le sol de ces deux terrains-là », spécifie la directrice générale.