le Dimanche 3 juillet 2022
le Lundi 20 juin 2022 14:00 | mis à jour le 20 juin 2022 16:00 Acadie et Francophonie

Une communauté de destins

Aglaé Pierre, Alexis Adamczyk, Lina Robin, Nicolas Jean, Guy Junior Curtis, Amanda-Maude Duguay, Veronique Mallet, Daniel Thériault, Marie-Claude Guignard, Émilie Caissie et Michel Denis Richard — PHOTO - Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
Aglaé Pierre, Alexis Adamczyk, Lina Robin, Nicolas Jean, Guy Junior Curtis, Amanda-Maude Duguay, Veronique Mallet, Daniel Thériault, Marie-Claude Guignard, Émilie Caissie et Michel Denis Richard
PHOTO - Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
BRIDGEWATER - Dans le cadre de leur tour de la Nouvelle-Écosse, le Courrier a eu l’occasion de pouvoir échanger avec l'équipe de la Société nationale de l’Acadie (SNA).

Doyenne des organisations acadiennes, la Société est née en 1881, lors de la première Convention acadienne tenue à Memramcook, au Nouveau-Brunswick. Aujourd’hui, elle est une société à but non lucratif forte qui regroupe les quatre associations francophones porte-parole des provinces de l’Atlantique, ainsi que les quatre associations jeunesse. Elle compte également des membres affiliés en Atlantique, au Maine, au Québec, en France et en Louisiane.

Elle a pour mission de rassembler et de concerter le peuple acadien afin de représenter ses intérêts. Son ambition est de représenter le peuple acadien sur les scènes régionale, nationale et internationale.  À cet égard, la SNA a notamment signé des ententes avec la France, le Québec ou encore la Belgique. Le plan stratégique de l’organisation est découpé en quatre grands axes: 

  1. Concertation des divers acteurs en Acadie de l’Atlantique
  2. Représentation du peuple acadien 
  3. Promotion de la culture acadienne
  4. Renforcement des capacités organisationnelles

C’est plus particulièrement dans le cadre de l’axe 3 que la SNA se déplaçait dans toute la province. En effet, un de ses rôles importants est de veiller à la pérennité des congrès mondiaux acadiens. Rappelons que le prochain congrès aura lieu en Nouvelle-Écosse en 2024. 

Réflexion autour du mot “communauté” et de l’identité acadienne 

Cette rencontre fut l’occasion idéale pour le Courrier de la Nouvelle-Écosse d’en apprendre davantage sur les différents programmes coordonnés par la SNA et les possibilités de collaboration. L’organisation joue notamment un rôle pivot concernant les questions liées à la jeunesse, à la culture et à l’immigration. Plusieurs programmes ou fonds d’appui sont de véritables leviers pour dynamiser les communautés acadiennes. Leur site internet vous permettra d’en apprendre davantage sur la richesse de leurs actions: https://snacadie.org/ 

Pour le Courrier, ce fut également  une occasion de présenter la vision du journal suite à l’exercice de planification stratégique ayant eu lieu en 2021. Un journal inclusif “pour et avec les communautés” qui se veut avant tout être un outil de renforcement de ces communautés, partout en Nouvelle-Écosse. En ce sens, la SNA et le Courrier de la Nouvelle-Écosse partagent bien des points communs en matière de vision, mission et valeurs. 

Ainsi, cette discussion pose une question cruciale, peut-on s’identifier comme acadien.ne sans pour autant l’être historiquement ?  Nous revenons alors à l’expression de M. Thériault, communauté de destins. Une question en appelle une autre : quel(s) destin(s) ? 

Au-delà de cette phase informative de discussion, nous avons aussi eu une passionnante discussion au sujet du mot communauté et de l’identité acadienne. Concernant la notion de communauté, chacun a sa représentation ou sa propre définition. Nous nous sommes également dit que la définition d’une communauté est évolutive et complexe. Il s’agit aussi d’une notion aux dimensions multiples. Ainsi, on pourrait appartenir à plusieurs communautés en même temps, faire partie d’une communauté sans nécessairement en parler à la langue ou encore en faire partie sans nécessairement partager des liens de sang avec ses membres. 

Pour parler de la communauté acadienne, Daniel Thériault, gestionnaire des opérations et relations stratégiques de la SNA, aime utiliser l’expression “communauté de destins”. Une définition qui se veut inclusive et universelle. Elle nous a amenés à échanger davantage sur l’identité acadienne. Pour Véronique Mallet, directrice générale de la SNA, l’Acadie est avant tout quelque chose qui doit se vivre et qui doit se vivre plusieurs fois, sous plusieurs formes. Elle prend l’exemple du 15 août. Un 15 août peut se vivre dans la militance et la contestation, un 15 août peut se vivre de manière festive dans le cadre du fameux Tintamarre, un 15 août peut aussi se vivre en allant à la découverte d’autres communautés. 

C’est d’ailleurs selon Mme Mallet la valeur ajoutée principale de la SNA : permettre à chaque communauté d’aller à la rencontre d’autres communautés pour comprendre qu’elle fait partie d’un tout et que ce tout doit avancer ensemble, dans une même direction. Les autres membres de l’équipe ont largement abondé dans le même sens, vers une définition très ouverte et très inclusive de l’identité acadienne. Une communauté qui doit s’ouvrir sur le monde et notamment intégrer les communautés immigrantes à son cheminement. Ces communautés font partie des forces vives de l’Acadie et contribuent à son dynamisme au quotidien comme nous l’explique Michel Denis Richard, coordinateur du Comité Atlantique sur l’Immigration Francophone.

Émilie Caissie, coordonnatrice de projets, de la jeunesse et des partenariats, poursuit en nous disant que pour elle l’Acadie doit être ouverte sur la Francophonie dans son ensemble et doit donc être inclusive.

Ainsi, cette discussion pose une question cruciale, peut-on s’identifier comme acadien.ne sans pour autant l’être historiquement ?  Nous revenons alors à l’expression de M. Thériault, communauté de destins. Une question en appelle une autre : quel(s) destin(s) ? 

Au Courrier de la Nouvelle-Écosse, nous sommes convaincus que ce destin est une responsabilité collective à laquelle le journal souhaite prendre part de manière active en soutenant les communautés acadiennes, francophones et francophiles de la Nouvelle-Écosse.

À l’aube de notre 85e, nous pensons qu’il s’agit de notre première responsabilité. Pour et avec nos communautés, toujours.