le Mercredi 25 mai 2022
le Vendredi 11 mars 2022 11:10 | mis à jour le 1 avril 2022 14:12 Société

La Nouvelle-Écosse se mobilise en soutien au peuple ukrainien

Lyubov Zhyznomirska, vice-présidente du chapitre néo-écossais 
de l’Ukrainian Canadian Congress.  — Gracieuseté
Lyubov Zhyznomirska, vice-présidente du chapitre néo-écossais de l’Ukrainian Canadian Congress.
Gracieuseté
Le gouvernement néo-écossais a annoncé le 25 février l’envoi d’un don de 100 000 $ à la Fondation Canada-Ukraine en appui au peuple ukrainien face à l’invasion de la Russie. Des citoyens de Halifax se sont également rassemblés pour protester contre l’invasion russe en Ukraine et demander l’arrêt de la guerre, tandis que le Canada organise des boycotts et des sanctions pour pénaliser la Russie. _______________________

L’offensive militaire de la Russie en Ukraine a forcé près d’un million de personnes à fuir leur pays depuis le 24 février, d’après un communiqué de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

« Parmi ces Ukrainiens ayant fui les combats dans leur pays au cours des 6 derniers jours, plus de la moitié s’est orientée vers la Pologne voisine. Au total, malgré 60 heures et des kilomètres de files d’attente à la frontière, Varsovie a accueilli près de 454 000 réfugiés ukrainiens. Suivent la Hongrie (116 348 ; 13 %) et la Moldavie (79 315 ; 9 %) », précise encore l’ONU.

Le communiqué révèle également qu’« au moins 550 victimes civiles, dont 142 décès, ont été enregistrées par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), selon le décompte établi le 28 février ».

Pour Robert Huish, professeur au Département d’études du développement international de l’Université Dalhousie, cette guerre émane des ambitions géopolitiques de la Russie.

« Le président [russe], Vladimir Poutine, a pour objectif de recréer l’âge d’or de la Russie. Pour arriver à cet objectif, il doit contrôler complètement l’Ukraine et, par la même occasion, exercer une forme d’oppression sur le peuple ukrainien. Depuis 2014, il a mis sur pied un plan d’action pour récupérer le territoire et maintenant il est au niveau où il voudrait faire une invasion totale. Si rien n’est fait, la situation pourrait devenir une sérieuse crise humanitaire », déplore le professeur.

La province accélérera les demandes d’immigration ukrainiennes

Le gouvernement néo-écossais prévoit que son don de 100 000 $ servira notamment pour l’aide médicale, les abris d’urgence et la nourriture.

Par communiqué, le Bureau du premier ministre précise que la Nouvelle-Écosse accélérera également les demandes d’immigration des Ukrainiens et que le drapeau du pays flottera à Province House « en signe de solidarité et de soutien » (traduction libre). Plus de 9000 personnes d’origine ukrainienne vivent dans la province d’après le gouvernement.

« Les Néo-Écossais ont été choqués et horrifiés par l’attaque non provoquée de la Russie contre l’Ukraine, qui met en danger la vie des gens et va à l’encontre du droit international », déclare le premier ministre de la province, Tim Houston, dans le communiqué.

« Hier [le 24 février, NDLR], lorsque j’ai parlé à Andre Mereshuk, président de la section de la Nouvelle-Écosse du Ukrainien Canadien Congress, il m’a dit qu’une contribution financière était une façon d’aider. Je suis heureux d’apporter cette contribution pour soutenir le peuple ukrainien et la communauté ukrainienne de la Nouvelle-Écosse en ces temps difficiles », ajoute Tim Houston.

Un support communautaire sans précédent

En dehors du don de la province, la population néo-écossaise se mobilise elle aussi pour venir en aide aux réfugiés ukrainiens.

Le 26 février, des centaines de citoyens se sont rassemblés au centre-ville de Halifax pour protester contre l’invasion russe en Ukraine et demander l’arrêt de la guerre. Un groupe Facebook, « Ukrainians in Halifax, Nova Scotia, Canada », a également été créé.

À l’instar d’autres entreprises canadiennes, la Nova Scotia Liquor Corporation a pour sa part retiré les produits russes de ses étagères.

Selon Lyubov Zhyznomirska, vice-présidente du chapitre néo-écossais de l’Ukrainian Canadian Congress (UCC), «les initiatives en vue de déstabiliser l’économie russe, même minimes, auront des impacts significatifs à long terme sur le financement de la guerre».

« L’embargo sur le pétrole a un impact significatif pour la Russie. C’est à travers cela que la machine étatique a pu collecter des fonds pour son engagement militaire », ajoute celle qui est également professeure associée de sciences politiques à l’Université Saint Mary’s.

Elle estime que même si les efforts actuels de la population et de la province sont considérables, il faut continuer. Lyubov Zhyznomirska croit que le gouvernement fédéral devrait appuyer les réfugiés ukrainiens qui souhaitent rejoindre leur famille sur le territoire à travers la suppression de visa pour l’entrée sur le territoire, et que le Canada devrait continuer l’envoi d’armes et d’équipement de protectionaux combattants sur le terrain.

Le professeur Robert Huish estime de son côté qu’en dehors des efforts communautaires, il est temps pour le gouvernement canadien de mettre de la pression sur le gouvernement russe afin d’en arriver à un cessez-le-feu.

« Les boycotts sont vraiment symboliques. Nous devons réfléchir stratégiquement à la manière dont le Canada peut participer au régime de sanctions internationales contre la Russie, visant à frapper Vladimir Poutine au portefeuille », conclut-il.