le Lundi 5 Décembre 2022
le Vendredi 11 février 2022 11:49 Éducation

La région de Tor Bay demande une école avec son centre communautaire

  — gracieuseté Jude Avery
 
gracieuseté Jude Avery
TOR BAY – « Il y a beaucoup qui se passe ici dernièrement, c’est excitant. La brume s’est levée de pardessus notre région », estime Jude Avery, président de l’Association acadienne de Tor Bay (anciennement épelé Tor Bé, a-t-il appris). Il fait suite à l’annonce d’un sondage qui circule présentement dans le comté de Guysborough visant la création d’une école de langue française avec un centre communautaire pour la région.

Un partenariat a été créé entre l’Association acadienne de Tor Bay (AATB), le Conseil scolaire acadien provincial (CSAP), la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) et la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse (FPANE). Le sondage a été préparé par le groupe et il circule dans la région s’étendant d’autour de Larry’s River jusqu’à Canseau couvrant un radius de 100 kilomètres. On demande que les réponses au sondage soient retournées pour le 28 février.

Les démarches ont commencé en septembre lorsque Nicole Dupuis, directrice générale de la FPANE, Marie-Claude Rioux, directrice générale de la FANE, et Michel Collette, directeur général du CSAP, ont visité la région de Tor Bay dans le but de discuter de la possibilité d’une école de langue française avec un centre communautaire acadien dans la région. Ils y ont rencontré un groupe de 25 personnes.

« On voit que la région de Tor Bay sort de la brume, selon Jude Avery. Les gens de l’extérieur découvrent notre région qui est demeurée francophone et nous ne voulons pas perdre notre culture et notre langue. »

Ce dernier a lutté depuis longtemps pour que la région soit reconnue comme région acadienne par la FANE. La FANE a accueilli la région lors de sa dernière Assemblée générale annuelle en octobre dernier. Jude espère maintenant que la région ait son école francophone avec un centre communautaire qui permettra la création d’autres services en français comme une garderie et des centres de francisation. 

Jude Avery est optimiste quant aux résultats du sondage. « Le pessimisme est remplacé par l’optimisme, a-t-il dit. On verra bien selon les résultats. Peut-être même que les gens de l’extérieur viendront s’y établir s’il y a une école. Le sondage a été placé sur les réseaux sociaux. J’espère que c’est notre temps. Ça se brasse, c’est excitant. On a l’appui de la communauté et on va voir si l’intérêt se traduit dans le sondage. On verra ce qui se développera après le sondage. J’espère que ce sera de bonnes nouvelles pour notre communauté acadienne », a-t-il dit.

L’AATB a été fondée en 2002 par feu Brad Pellerin, décédé peu de temps après, afin d’organiser des activités dans le cadre du Congrès mondial acadien en Nouvelle-Écosse de 2004. Jude Avery en est le président depuis 2003.

« On est tellement excité de voir cette communauté prendre sa place et s’affirmer », a dit Caroline Arsenault, présidente de la FPANE. Pour sa part, Marie-Claude Rioux a noté que « Tor Bay, c’est une région acadienne qui a toujours existé, qui a été créée peu après la Déportation des Acadiens et qu’on ne connaissait pas. Alors pour nous aussi, c’est retrouver un membre de famille qu’on avait oublié. Je pense qu’on a des leçons à apprendre de la région en matière de résilience. »

Michel Collette du CSAP a expliqué que les gens de la région de Tor Bay veulent retrouver leur histoire acadienne francophone. « Je ne savais pas qu’il y avait cette région acadienne dans la province qui lutte pour survivre. S’ils ne font rien, ils risquent de tout perdre. Nous avons rencontré la masse critique de base et on est là pour appuyer la communauté. Une fois les chiffres entrés, nous allons travailler fort pour une école à la maternelle. On a vu la grande volonté des gens. Dans le groupe de 25 personnes rencontrées en septembre dernier, cinquante pour cent des gens parlaient français. Il y a une histoire riche là. » Il a ajouté que c’est important de noter que c’est la communauté qui a fait la demande pour obtenir son école francophone. 

Il estime qu’il y a environ 2 100 sondages imprimés pour envoyer par la poste en plus du sondage virtuel. Le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance est au courant des démarches. Il y aura des sessions d’information sur place pour répondre aux questions éventuellement, selon lui.