le Lundi 16 mai 2022
le Vendredi 31 Décembre 2021 14:49 Société

Fin des alertes à la naissance, une décision applaudie par des organismes acadiens

La province a annoncé à la fin novembre qu’elle mettait fin aux alertes à la naissance, tout en promettant d’offrir un meilleur encadrement ainsi que du soutien supplémentaire aux nouvelles familles en ayant besoin.   — Omar Lopez – Unsplash
La province a annoncé à la fin novembre qu’elle mettait fin aux alertes à la naissance, tout en promettant d’offrir un meilleur encadrement ainsi que du soutien supplémentaire aux nouvelles familles en ayant besoin.  
Omar Lopez – Unsplash
DARTMOUTH — La province a annoncé à la fin novembre qu’elle mettait fin aux alertes à la naissance, tout en promettant d’offrir un meilleur encadrement ainsi que du soutien supplémentaire aux nouvelles familles en ayant besoin. Le signalement à la naissance, une pratique contestée, est maintenant interdit dans les quatre provinces atlantiques.

« Les alertes à la naissance sont des notifications écrites envoyées par les agences de protection de l’enfance au personnel hospitalier concernant un futur parent lorsque des risques importants sont présents pendant la grossesse » (traduction libre), peut-on lire dans le communiqué publié par le gouvernement néo-écossais.

Leur annulation « fait suite à une recommandation de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées et soutient les efforts visant à renforcer le soutien aux familles dans les communautés de la province », peut-on encore y lire.

Le gouvernement s’engage à investir davantage dans les programmes communautaires de prévention et d’intervention précoce axés sur les enfants, les jeunes et les familles, dont une augmentation de 7,7 millions $ d’ici 2022-2023.


Rebâtir la confiance

La problématique de cette pratique est qu’elle avait un impact négatif disproportionnel sur les familles autochtones, afro-néo-écossaises et/ou marginalisées. 

Pour l’année 2020-2021, la Nouvelle-Écosse a émis plus de 80 alertes à la naissance.

« Je crois que le fait de mettre fin à cette pratique et de fournir plus d’appui aux familles servira à briser le cycle de traumatismes qui ont été perpétrés sur les peuples autochtones et autres groupes minoritaires et victimes de racisme systémique », estime Nicole Dupuis, directrice générale de la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse (FPANE). 

« Ce serait beaucoup plus productif de travailler avec la famille pour gérer les difficultés, assurer l’accès aux ressources nécessaires et permettre une plus saine relation parents/enfants », ajoute-t-elle.

Élizabeth Vickers-Drennan, responsable des communications pour la Fédération des femmes acadiennes de la Nouvelle-Écosse (FFANE), un organisme qui travaille à l’épanouissement personnel et social des femmes acadiennes et francophones de la Nouvelle-Écosse, estime que pour sa part que le financement supplémentaire permettra de rebâtir des ponts : « On a besoin de bâtir de la confiance entre les populations marginalisées et le système de santé. Ça peut aider les femmes et leurs familles à élever leur bébé en toute sécurité, et ça se fera seulement en enlevant ces pratiques discriminatoires. » 

« Les femmes ont besoin d’une approche basée sur la prévention et l’intervention précoce, favorisant des relations de confiance et de collaboration avec les futurs parents à risque», ajoute-t-elle.

« Un pas dans la bonne direction »

Dans son communiqué paru le 30 novembre, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse annonce également la création d’un poste de coordination au sein du programme Family Connections afin de faire un pas supplémentaire vers une protection de l’enfance plus préventive. 

Selon le site Web du programme, la personne qui occupera le poste « aidera les futurs parents à établir des liens avec des programmes et des services de prévention et d’intervention précoce communautaires et culturellement pertinents […] Les futures familles bénéficieront également d’un soutien pour se connecter à des ressources permettant d’éliminer les obstacles à l’accès, tels que le transport » (traduction libre).

Nicole Dupuis de la FPANE estime qu’il s’agit d’«un pas dans la bonne direction. Cependant, c’est difficile de comprendre comment une personne pourra aider toutes les familles à risque avec leurs besoins individuels. Il faut aussi s’assurer que le système de services communautaires est prêt à appuyer ces familles dans chaque communauté». 

Élizabeth Vickers-Drennan de la FFANE pense pour sa part que « c’est un pas vers l’avant pour une approche plus empathique, c’est sûr, mais historiquement, on a eu environ 100 alertes de naissance par année. Ce n’est pas assez d’avoir une personne qui va gérer tout ça, et si le gouvernement n’offre pas plus de services, ça va tomber sur le dos d’un écosystème d’organismes à but non lucratif déjà surexploité. Il y a beaucoup de travail à faire pour avancer ». 

Les futurs parents peuvent eux-mêmes demander à joindre le programme Family Connections. Un membre de la famille ou une tierce personne peut également faire une recommandation pour les futurs parents ou les familles. 

Il est possible de contacter la coordination en appelant dans n’importe quel bureau de protection de l’enfance. La participation au programme est volontaire afin de mettre l’accent sur la sensibilisation et l’engagement, et non sur l’aspect de protection de l’enfance.

Courtoisie