le Mardi 17 mai 2022
le Jeudi 25 novembre 2021 8:54 Au rythme de notre monde

« La foi bahaïe, une petite religion au message puissant (2e partie) »

   Zoe Geddes
Zoe Geddes
Depuis 1863, après la déclaration de Bahá’u’lláh, grâce aux interprétations et clarifications des textes religieux d’Abdu’l-Baha et aux plans d’expansion de Shoghi Effendi, la foi bahaïe, une religion fondée sur l’unité de l’humanité, n’a cessé de croître, tant au niveau de ses croyants que du nombre de ses activités – cercles d’études, classes d’enfants et groupes jeunesse – dans les communautés du monde entier.

Mis sur pied par l’Assemblée spirituelle nationale des Bahaïs de Colombie, l’Institut Ruhi est un établissement d’enseignement œuvrant en cinq langues (anglais, arabe, français, espagnol et perse). Ces livres offrent des outils pédagogiques pour étudier les textes de la foi bahaïe, par diverses méthodes pédagogiques, ainsi que pour favoriser la mise en œuvre des nouveaux apprentissages.

À ce stade-ci, il y a sept livres principaux, sans compter certains ouvrages supplémentaires en prépublication ainsi que sept autres manuels principaux en cours de préparation. Chaque livre a son propre thème, mais les livres les plus étudiés dans les cercles d’études sont : Livre 1, « Réflexions sur la vie de l’esprit », où nous voyons l’approche des textes de la foi, l’importance de la prière aux esprits et la vie après la mort; Livre 2, « Se lever pour servir », où nous pouvons approfondir notre compréhension pour mieux discuter de la foi; Livre 3, « Enseigner des classes pour enfants », où nous apprenons à transmettre les valeurs de la foi à la prochaine génération; et Livre 5, « Libérer les pouvoirs des préjeunes », où nous apprenons à bien animer les groupes et surtout comment intéresser les préjeunes au bien-être de leurs propres communautés.

Il est fortement conseillé de toujours étudier le matériel de l’Institut Ruhi au sein d’un cercle d’études avec une instructrice ou instructeur, et ce au moyen de questions profondes et parfois ambiguës. Certes, de temps en temps, il n’y a pas de réponse totalement correcte ni totalement incorrecte. Il s’agit moins de trouver la « bonne » réponse que de se doter d’une vraie compréhension des passages à l’étude. Toutes les réponses viennent du livre et si quelqu’un a des questions, le groupe en discutera. Essentiellement, ce genre d’études ne passe pas par l’apprentissage individuel, mais plutôt par une voie tracée spécifiquement pour des amis afin d’explorer ensemble des questions et concepts importants.

Il est généralement admis que les enfants sont un trésor placé au sein de la société, ou qu’ils devraient l’être, et les classes d’enfants sont organisées en fonction de cette conviction. Dans un groupe d’enfants de même âge, les élèves, souvent accompagnés de leurs parents, apprennent des valeurs spirituelles comme la générosité, l’amitié, la sincérité, la pureté du cœur et ainsi de suite, guidés par une ou un « enseignant(e) », soit une ou un adulte qui a appris le Livre 3 de Ruhi. En outre, l’art du conte est beaucoup utilisé pour introduire ces préceptes aux enfants. À travers des histoires qui montrent la gentillesse et le pardon de Baha’u’llah, d’Abdu’l-Baha et du Bàb, les enfants apprennent directement, à partir des exemples des grandes figures de la foi, à bien interagir avec autrui. Ces récits sont toujours suivis d’activités amusantes qui enrichissent la leçon, comme des jeux ou du bricolage.

 

Le monde veut voir les enfants grandir et devenir de bonnes et bons élèves, car ces jeunes personnes représentent l’avenir. Tout cela commence par l’éducation, surtout spirituelle. Celle-ci peut sans doute bénéficier à n’importe qui, mais l’éducation aux valeurs spirituelles est indispensable pour doter les jeunes de bases solides pour se défendre contre les influences agressives du matérialisme qui sont banalisées dans la société moderne. Le proverbe dit qu’il faut un village pour élever un enfant, mais je pense aussi qu’il faut un enfant pour faire comprendre au village ce qui est vraiment important dans la vie.  

Il est tout aussi important que les préjeunes reçoivent une éducation spirituelle pendant leur transition vers l’adolescence. Le programme d’habilitation spirituelle des préjeunes est un groupe hebdomadaire qui permet d’explorer les divers concepts, comme la confirmation, la science, la force de l’expression et j’en passe, afin d’améliorer la compréhension écrite. Chaque groupe de préjeunes dispose d’animatrices et d’animateurs de 16 ans à 30 ans, qui ont suivi le livre 5 de Ruhi, pour éviter les sentiments d’infériorité chez les préjeunes. Ces animatrices et animateurs ne sont pas des « professeurs » qui savent toutes les réponses, mais plutôt des guides.

Dans ces groupes, semblables aux cercles d’études Ruhi, les préjeunes étudient les leçons dans les manuels et répondent aux questions, par écrit ou à l’oral. Les histoires ne sont pas directement associées à la foi; elles ont un caractère plutôt universel. De plus, ces récits se déroulent dans différents pays où il y a la guerre, la pauvreté, etc. pour élargir leur connaissance du monde et créer des espaces pour la conversation.

Cela étant dit, le service à la collectivité est l’élément le plus important du programme. Il est bien connu que les actions altruistes nous rendent plus heureux tout en rapprochant les communautés. Les préjeunes et leurs animateurs identifient donc certains besoins dans leur communauté afin de trouver des solutions avec leur groupe. Par exemple : ramasser les déchets dans un parc municipal. La nature des projets de service communauté n’est limitée que par les ressources et l’imagination des participants.

En 2013, ma meilleure amie m’a approchée et m’a demandé si je voulais participer à un camp de jour pour les préjeunes, dans parc près de chez elle. Nous avons lu ensemble l’histoire du chien gourmand et de son reflet, et joué à des jeux jusqu’à l’heure de rentrer à la maison. Par la suite, j’ai fréquenté (irrégulièrement) ce groupe jusqu’à l’âge où j’étais habilitée à étudier le livre 5. Depuis ce jour-là, je continue à étudier la foi et à en parler à qui veut bien m’entendre. 

Ayant moi-même suivi le programme et ayant servi d’animatrice, je connais maintenant les résultats positifs d’une communauté unie, axée sur le développement et sur le bien-être des gens. Je n’aurais jamais pensé que cette expérience allait m’ouvrir les portes de la communauté la plus accueillante et généreuse qu’il m’eût été possible de connaître, mais je demeure reconnaissante pour cette journée marquante au parc.