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le Jeudi 16 juillet 2020 11:51 Communautaire

Un plaidoyer pour garder le sentier de la mine de gypse à Chéticamp : un espace sûr et propre

 Une vieille photo prise dans les années 1900 alors que la mine de gypse de Chéticamp était en exploitation. Aujourd’hui, c’est une attraction à couper le souffle pour de nombreux visiteurs. — gracieuseté Rosie Grace-Aucoin
 Une vieille photo prise dans les années 1900 alors que la mine de gypse de Chéticamp était en exploitation. Aujourd’hui, c’est une attraction à couper le souffle pour de nombreux visiteurs.
gracieuseté Rosie Grace-Aucoin
CHÉTICAMP : L’île du Cap-Breton regorge de trésors cachés. Beaucoup sont hors des sentiers battus, mais valent tellement le détour en élargissant leur sens de l’aventure et en ramenant de beaux souvenirs d’une telle beauté naturelle. L’une de ces attractions majestueuses est le Sentier de la mine de plâtre à Chéticamp.

Ce magnifique sentier polyvalent de cette région est devenu un endroit spécial pour les résidents et de nombreux visiteurs dans la région. Une chose qui rend ce sentier très spécial est l’unique historique lié à ce lieu spécial et sa beauté pittoresque. De nombreux bénévoles ont été impliqués à la préparation et à l’entretien de ce sentier.

Bien que la plupart des visiteurs respectent la région, de nombreux causent des problèmes majeurs avec les déchets et les graffitis, ce qui est très décourageant pour les bénévoles.

Histoire du Sentier de la mine de plâtre

En 1897, M.W. Grandin, un prospecteur de New Glasgow, a découvert du gypse dans
la montagne derrière le village de Chéticamp. Cela a été une bénédiction pour un village dont
les habitants étaient principalement dépendants de la pêche ce qui était une vie difficile en apportant un maigre revenu. Des bons moments pour la collectivité sont arrivés en 1907 lorsque la Great Northern Mining Company a été formée avec le curé du village, le révérend Pierre Fiset, comme président. La machinerie et un navire de 5000 tonnes, l’Amethyst, ont été achetés en 1908, grâce à des actions vendues principalement au Québec. Finalement, en 1911, un chemin de fer a été construit et une locomotive, La Vielle Louise, et dix des wagons couverts ont été achetés pour transporter le gypse jusqu’au port de Chéticamp, à une distance d’environ 4 kilomètres. Après plusieurs changements de propriétaires, la mine a finalement été vendue à la National Gypsum Company en 1936 et a fonctionné jusqu’au début de la Deuxième Guerre mondiale lorsque les navires de transport ont été réquisitionnés pour l’effort de guerre.

Bien que la mine n’ait pas rouvert après la guerre, son impact s’est quelque peu poursuivi et elle a fait partie du folklore de la communauté. Pendant environ quatre-vingts ans, le site minier et la voie ferrée ont été abandonnés, mais sont restés la propriété de la National Gypsum. Au fil des ans, la fosse créée par l’exploitation minière s’était remplie d’eau et la voie ferrée était revenue à son passé boisé.

« Tout cela a changé vers 2009, lorsque la Chéticamp River Salmon Association a demandé à National Gypsum la permission de procéder à des travaux de restauration du ruisseau Aucoin qui traverse la propriété. Il a été constaté que National Gypsum n’avait aucun intérêt à développer la propriété et pourrait être disposé à se defaire de la propriété qui comprenait environ 90 acres sur le site de la mine en plus de la plus grande partie de la voie ferrée jusqu’au village. » a dit Réné Aucoin, président de la Chéticamp River Salmon Association (CRSA). Il a ajouté « Cette information a été transmise à Réjean Aucoin, alors président du Conseil économique de Chéticamp, qui, au cours de l’année suivante, a négocié la vente de la propriété pour 1 $ plus les frais juridiques de National Gypsum. En 2010, les propriétés de la mine de gypse, le sentier et le lac, ont été transférés de la National Gypsum à la Highland Trail Groomers Association. Quatre organismes communautaires locaux sans but lucratif (Highland Trail Groomers, Vélo club Chéticamp, Highland ATV Association et le Conseil économique de Chéticamp (CEC), tous des organismes communautaires actifs ont depuis travaillé ensemble sur le sentier et sur l’aménagement de la mine de gypse. »
« Plus récemment, un nouveau comité, composé de représentants des collectivités et des municipalités, a été formé pour superviser la prochaine phase de développement. Cette nouvelle phase, qui porte le nom d’Espaces distinctifs dans le comté d’Inverness, fait partie d’un projet plus vaste parrainé en partie par la municipalité du comté d’Inverness, l’APECA, la province de la Nouvelle-Écosse et des organismes communautaires locaux. » 

Daniel Aucoin

Malheureusement, malgré tous ces efforts pour développer et maintenir ce site en tant qu’attraction publique, d’autres problèmes ont surgi. André Bourgeois, entrepreneur et membre du comité de gestion de la mine de gypse, est très préoccupé par le nombre croissant de personnes irrespectueuses envers cette région. « Les gens doivent comprendre que le sentier de la mine de gypse, y compris le lac et la propriété environnante, est une terre privée gérée et entretenue par des bénévoles. Il est ouvert et accessible au grand public. L’accès pour la marche, le vélo, la natation, les pique-niques et plus est un privilège et non un droit; les personnes qui travaillent à l’entretien de cette aire naturelle spéciale espèrent donc que le privilège est apprécié, compris et respecté par ceux qui aiment le site. » 

« Les déchets sont un problème grave dans la région et autour du site, particulièrement au lac. « Malheureusement, le mauvais comportement et le manque de respect pour la nature de quelques-uns, la minorité de visiteurs la ruine pour le reste », déclare M. Bourgeois. « Nous avons vu et recueilli plusieurs sacs et bacs de bouteilles et de canettes, qui étaient principalement des contenants d’alcool vides, du plastique, des vêtements, des emballages de nourriture, des dispositifs flottants, des boîtes, des matelas, et j’en passe. En plus, c’est illégal. »

Ces gens enfreignent la loi! Nous espérons toutefois modifier ce mauvais comportement par le biais de l’éducation et des médias, alors que nous espérons que la plupart d’entre nous montreront l’exemple et ferons tout simplement mieux. »

Nous avons parlé de ce qui a été fait pour conseiller aux visiteurs de respecter ce joyau et M. Bourgeois a expliqué : « Nous avons placé des affiches et avons des plans à long terme pour ajouter des poubelles, des toilettes et des vestiaires, et plus encore ; mais ces choses prennent du temps et de l’argent. La municipalité nous aide avec ces plans. Pendant ce temps, nous avons besoin que les gens prennent l’habitude de repartir avec tout ce qu’ils apportent. D’un point de vue pratique, si une personne peut mettre dans une glacière remplie de glace et de boissons remplies de liquide, il est nornal qu’elle devrait être en mesure de remettre dans la même glacière sans glace les contenants de boisson vides qui sont beaucoup plus légers. »

M. Bourgeois a dit que la sécurité était une préoccupation croissante : « Même une personne sobre doit faire preuve de prudence lorsqu’elle grimpe sur les hautes falaises, nage ou saute des falaises au-dessus du lac, ce que nous décourageons fortement. Il est clair que le risque de blessure augmente de beaucoup lorsqu’il est en état d’ébriété dans ces circonstances. Bien que nous encouragions tout le monde à profiter du site; c’est encore une fois une terre privée, où il est interdit de boire et de faire la fête, surtout en dessous de l’âge légal, et on ne peut pas le tolérer. 

Tout récemment, nous avons été témoins d’une grave blessure liée à une fête, à l’alcool et à la plongée en falaise. La jeune femme a été gravement blessée et la situation aurait pu être bien pire; heureusement, elle ne l’a pas été. Nous espérons faire participer davantage les forces de l’ordre locales à la surveillance et à la patrouille de ces activités sur le site. »
« Nous apprécions tout le temps, l’énergie et le soutien que la collectivité a apportés au site au fil des ans, tout comme nous faisons toute la promotion et l’exposition données par l’industrie touristique du Cap-Breton et de la Nouvelle-Écosse, affirme M. Bourgeois. Il a conclu en ces termes : « Il est toujours difficile de trouver et de maintenir un équilibre lorsqu’un site naturel devient une destination populaire. 

Nous espérons garder les choses positives et constructives pour le moment alors que nous faisons face à quelques-uns de ces défis avec l’avenir à l’esprit. »
Un autre membre du comité, l’entrepreneur Kevin Camus, a exprimé son point de vue à ce sujet : « Comme bon nombre d’entre vous le savent, la région a toujours été un lieu de rencontre pour les gens du coin, mais la situation a maintenant augmenté pour atteindre plus de 15 000 visiteurs par année. Cela signifie un travail supplémentaire pour nos bénévoles afin de garder le site propre avec un impact minimal. Lorsque je me suis jointe à ce groupe, mon principal objectif était d’aider à entretenir et à améliorer le site. » 

« En tant que groupe, nous essayons d’obtenir du financement du gouvernement pour apporter des améliorations, mais malheureusement, la plupart des changements mis en œuvre ont été vandalisés. « Cela est dû en grande partie à l’éloignement du site », ajoute M. Camus. « Les déchets sont devenus un problème majeur. La fin de semaine dernière, il y a eu une fête de finissants sur le site et on me dit qu’il n’y avait pas de locaux. Le désordre laissé derrière était bouleversant et beaucoup d’entre nous en étaient dégoûtés.

Quelqu’un avait la bonne intention de rassembler au moins tous les contenants de boissons alcoolisées à un endroit près des bancs. Bien qu’ils aient pu transporter toutes ces boissons, ils les ont simplement laissées derrière au lieu de les emballer. »

« Mon épouse, Paula, et moi sommes de fervents randonneurs, des amoureux de la nature et nous aimons explorer les Hautes-Terres-du-Cap-Breton. Quand elle a montré sur Facebook les photos des débris laissés sur le sol par la fête de finissants, je lui ai dit que j’allais aller ramasser les ordures avant que tout cela ne finisse dans le lac. Je suis parti en véhicule tout-terrain avec une remorque. Quand je suis arrivé sur le site, un jeune couple nageait dans le lac et quand j’ai expliqué pourquoi j’étais là, ils ont aidé avec plaisir à nettoyer. J’ai rempli quatre sacs à ordures format entrepreneur, deux matelas gonflables, des nouilles de piscine et un certain nombre d’articles de vêtements et de serviettes. J’ai rempli ma remorque. J’ai une remorque à benne pour mon entreprise de construction, alors je l’ai entreposée là pour une élimination adéquate. »

M. Camus a poursuivi en disant : « Je suis retourné sur les lieux le jour de la fête du Canada, à 8 heures du matin, et il y avait un sac à ordures tout déchiré et des canettes qui avaient été mâchées. Il y avait aussi des traces d’ours dans la boue. Je crois donc qu’un ours était le coupable. Cela pose un autre problème. Si des déchets sont laissés sur le site, ils attirent les ours et d’autres animaux sauvages. J’aimerais voir une lourde poubelle en bois à l’endroit où les gens pourraient mettre leurs ordures pour les ramasser plus facilement au lieu de simplement les jeter dans les buissons. J’espère que cela éliminera au moins une partie des déchets laissés derrière, pour ceux qui n’ont jamais eu l’intention de le faire. » 

Rosie Grace-Aucoin

« C’est un problème très grave, dit M. Camus. « Nous en sommes au point où les gens locaux ne veulent plus y aller en raison des groupes de l’extérieur qui se rassemblent pour faire la fête et de tout le gâchis laissé derrière eux. Il y a aussi la question de la sécurité, surtout en ce qui concerne les drogues et l’alcool. Il peut être un endroit très dangereux avec des eaux extrêmement profondes, de hautes falaises rocheuses et du gypse en ruine. Je ne pense pas que des mesures de sécurité ne puissent jamais rendre le site totalement sécuritaire pour tous. Le bon sens fait parfois défaut chez certaines personnes. Nous essayons de faire passer le message avant que quelqu’un d’autre ne soit gravement blessé ou pire. »

« Je tiens à mentionner deux bénévoles locaux. Alfred (à Charlie à Victor) Deveau qui nettoie la carrière depuis de nombreuses années, mais en a maintenant assez. Il m’a dit que c’était très décourageant et qu’on ne pouvait pas s’avancer. Je l’ai remercié pour ses nombreuses années de dévouement en tant que bénévole pour garder la région propre. Ernie Ball fait aussi beaucoup pour l’entretien du site. Il faut les féliciter tous les deux d’avoir pris le temps de fournir un tel service. C’est très apprécié », a conclu M. Camus.

Les gens ont affiché sur les médias sociaux que leur récente visite à la mine de gypse était très troublante. Beaucoup sont victimes de matériel cassé et de déchets laissés derrière, mais les graffitis dans une région si vierge, si naturelle et à couper le souffle sont vraiment décourageants. « Soyez fiers de notre belle région acadienne et aidez-nous à garder ces joyaux propres pour que tous puissent s’émerveiller. Pendant que vous y êtes, pourquoi ne pas faire une tentative profonde pour maintenir toutes les autres zones libres de déchets ? Un petit effort de la part de chacun aura un grand impact!»

Si quelqu’un a des renseignements sur les responsables de tout acte irrespectueux commis à la mine de gypse, veuillez envoyer un message à un membre du comité ou appeler la Gendarmerie royale du Canada au 902-224-2050.

Les liens vers les médias sociaux de Gypsum Mine sont : 

Facebook : www.facebook.com/Gypsumminetrail 

Instagram : https://instagram.com/gypsum_mine_trail