À LA UNE CETTE SEMAINE

POINTE-de-l’ÉGLISE : Plus d’un an après l’annonce de l’examen du secteur de la petite enfance par le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, la ministre Karen Casey a présenté les résultats des consultations et les recommandations suite à l’examen tôt en matinée le jeudi 31 mars 2016. Suzanne Saulnier, directrice générale du Centre provincial de ressources préscolaires (CPRPS), était présente au dévoilement du rapport lors d’une séance sur invitation seulement dans la salle de réunion de la ministre.

Suite à une présentation par Nathalie Blanchet, directrice administrative de la direction du développement de la petite enfance, les invités ont eu l’occasion de réviser le rapport et poser des questions par rapport aux données et aux recommandations émises.

Selon Mme Saulnier, dans le le rapport intitulé Étude des services agréés de garde d’enfants de la Nouvelle-Écosse - Rapport et recommandations des consultations mars 2016, le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance a su bien présenter un aperçu très clair de la situation du secteur des services de garde en Nouvelle-Écosse. 

En effet, le rapport identifie 5 domaines clés tout en soulignant les obstacles présents dans ces différents domaines. Il est question de l’accessibilité des services de garde d’enfants pour les familles, du caractère abordable des programmes de garde d’enfants, de la qualité des programmes proposés, du soutien aux travailleuses et travailleurs du secteur et de leur perfectionnement professionnel ainsi que de la structure et de la gouvernance du système. 

En identifiant plusieurs obstacles, la ministre Casey a accepté 18 recommandations qui sont continues dans le rapport. Pour le CPRPS, une des recommandations les plus importantes concerne le salaire des éducatrices. « Je pense que plusieurs vont se joindre avec moi pour féliciter le gouvernement d’avoir finalement reconnu le travail des éducatrices qualifiées et d’améliorer leurs salaires. »  En Nouvelle-Écosse, le salaire des éducatrices travaillant auprès des jeunes enfants se situe à un des niveaux les plus bas au Canada, comme l’indiquent les rapports You Bet I Care (1991, 1998) et You Bet We Still Care (2013).  Le salaire moyen d’une éducatrice en Nouvelle-Écosse est de 12,84 $/heure tandis qu’au Québec il est de19,13 $/heure, en Ontario, de 17,29 $/heure et à l’Ile-du-Prince-Edouard, de 15 $/heure.

 « Nous aurions certainement voulu voir quelque chose de spécifique pour les services de garde en français dans le rapport présenté aujourd’hui », explique Suzanne Saulnier. « Toutefois, le rapport est sans doute un pas dans la bonne direction et nous avons très hâte de travailler en concertation avec les partenaires et le gouvernement pour arriver à un système de services de garde plus abordable et accessible pour les familles néo-écossaises. » Dans les prochaines semaines, la ministre Karen Casey fera connaître sa réaction au contenu du rapport. À ce moment, le CPRPS sera en meilleure position pour comprendre comment le rapport influencera l’avenir du secteur de la petite enfance en Nouvelle-Écosse et, plus précisément, dans les communautés acadiennes et francophones. 

Depuis 1992, le CPRPS, tout comme le secteur de la petite enfance, a vécu une évolution lente, mais toutefois continue. Il offre présentement des ressources, des sessions de formation et des services en français axés sur l’éducation et le développement de la petite enfance aux éducatrices de la petite enfance, aux divers intervenants ainsi qu’aux jeunes familles acadiennes et francophones de la province. Activement impliquée dans les affaires liées au secteur, Suzanne Saulnier siège à la table des partenaires provinciaux en petite enfance en plus d’être sur le conseil d’administration de l’Association des services de garde à l’enfance de la Nouvelle-Écosse. 

OTTAWA : Les organismes nationaux représentant les journaux et les radios implantés en milieu minoritaire sonnent l’alarme au sujet de leur précarité et réclament du gouvernement fédéral un financement stable pour assurer leur pérennité.

L’Association de la presse francophone (APF), l’Association des radios communautaires (ARC) du Canada ainsi que la Quebec Community Newspapers Association (QCNA) soutiennent que cette responsabilité lui incombe en vertu de la Loi sur les langues officielles, du principe de la dualité linguistique au Canada et du droit fondamental des communautés minoritaires souvent isolées, de recevoir dans leur langue une information communautaire de qualité.

Ils ont aussi reçu la semaine dernière, devant le Comité permanent du patrimoine canadien de la Chambre des communes, un appui articulé de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada.

Dans un premier temps, chacun s’explique mal la réduction dramatique, depuis 2006, des annonces publicitaires du gouvernement du Canada et de ses agences dans les journaux et radios communautaires en situation minoritaire, alors que le taux de lectorat et d’écoute de ces médias demeure très élevé, en faveur de placement à la télévision et sur internet.

L’APF constate une diminution de 73 % des revenus publicitaires du fédéral auprès de ses 22 membres, alors qu’on parle d’une chute de 98,5 % à la QCNA, qui représente 30 journaux de langue anglaise au Québec. 

Le secrétaire général de l’ARC du Canada, François Côté, a indiqué devant les 10 députés du comité parlementaire que « presque la moitié de nos (27) membres sont dans une situation précaire; plusieurs ont présenté des déficits au cours des dernières années en grande partie à cause du manque de financement stable et de la baisse de publicité fédérale. Trois de nos radios membres n’ont plus de salariés; cinq d’entre elles n’ont plus qu’un employé à mi-temps alors que quatre n’emploient qu’une seule personne. »

Le président de l’APF, Francis Sonier, éditeur de l’Acadie Nouvelle, a précisé que ce manque à gagner collectif de ses membres qui se chiffre à 1,5 million $ par année a des incidences directes sur la qualité et le volume de l’information véhiculée.

Il a souligné la disparition de L’Express d’Ottawa, au cours de la dernière année et déploré le fait que L’Eau vive, en Saskatchewan, vient tout juste de reprendre sa publication après des mois d’interruption, à cause d’une crise financière, alors que d’autres parviennent à peine à faire leurs frais. 

Fausse route

Ils ont martelé devant le comité que le fédéral fait fausse route en orientant son placement publicitaire vers internet et la télévision, pour rejoindre les communautés minoritaires qui sont souvent éloignées et isolées.

M. Sonier a indiqué que le lectorat moyen des journaux de l’APF oscille de 54 % à 83 % selon les régions et qu’une étude démontre qu’ils jouissent d’un taux de crédibilité de 89 %. « Internet et les médias sociaux, autant qu’ils puissent sembler omniprésents, ne bénéficient pas d’une telle crédibilité. »

M. Côté a pour sa part indiqué que « plus de 20 ans après l’arrivée d’internet dans nos vies, la radio demeure encore et toujours le média de proximité par excellence, et ce, particulièrement dans des communautés comme les nôtres ».

La présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier, a rappelé aux membres du comité que « la connectivité haute vitesse au Canada n’est pas encore arrivée à un point où (tous peuvent) consommer facilement les produits médiatiques en ligne.

« Il est difficile pour un Acadien de la Nouvelle-Écosse d’écouter la radio en ligne lorsque sa connexion tient davantage du dial-up que d’internet haute vitesse. On ne peut pas demander non plus à un Franco-Yukonnais ou à une Franco-Ténoise de visionner de la vidéo en ligne lorsque sa bande passante lui coûte un prix exorbitant par mois. »

Aide directe

Chacun a réclamé un réalignement prononcé des pratiques de placement publicitaire du fédéral ou, à défaut, une aide financière gouvernementale directe.

L’APF et la QCNA proposent la création d’un fonds équivalent à 1 % du budget de Radio-Canada /CBC que le gouvernement central veut établir à 1 milliard de dollars, alors que l’ARC suggère une allocation annuelle de 40 000 $ à 60 000$ pour chacune des radios.

« Ce [ne sera] pas de la charité, a dit Richard Tardif, directeur général du QCNA. Nous avons démontré que les gens nous lisent ainsi que l’engagement de la communauté [à notre endroit]. Ces dollars seront bien dépensés et le message bien reçu. Ce sera donnant-donnant.  

« Si le gouvernement tourne le dos aux minorités, croyant que la télévision et les médias sociaux sont la seule route à prendre, il contribuera à la disparition de ce trésor national qui existe aujourd’hui. »

De conclure Sylviane Lanthier : « Nos médias francophones n’existent pas pour servir des marchés, mais bien des communautés formées de gens déterminés à vivre en français, de gens qui ont besoin de ces médias pour s’informer en français sur leur milieu. »

Autres articles récents

  • L’importance d’un cimetière qui date d’avant la Déportation
    L’importance d’un cimetière  qui date d’avant la Déportation

    WOLFVILLE – C’est dans une atmosphère amicale et détendue qu’une dizaine de bénévoles des Amis de Grand-Pré ont participé, le vendredi 30 mai dernier, au nettoyage de la cour et des jardins du cimetière Sainte-Famille à Falmouth.

    Pendant l’après-midi, plusieurs Amis étaient présents, dont Susan Surette-Draper (présidente) et Ernie Draper de Port Williams, Ken Belfountain de Kentville, Félix et Lucille Amirault de Kingston ainsi que Derek Allerton de Wolfville. Les travaux de nettoyage et d’aménagement des parterres de fleurs et du terrain profiteront aux personnes qui se rendront au cimetière pendant la saison estivale.

    Les 19 et 28 juillet prochains, les gens pourront se renseigner sur cette histoire locale fascinante et participer à la Journée de commémoration du Grand Dérangement. Dans le cadre des Causeries à Grand-Pré du samedi 19 juillet 2014, Talva Jacobson, archéologue et artiste céramique, fera sa toute première présentation publique sur le processus de la reconstruction du crâne de l’enfant acadien trouvé lors des fouilles en 1996. De plus, le dévoilement de la brique posée par les Amis de Grand-Pré à la mémoire d’Angèle Arsenault, décédée le 25 février dernier, aura lieu vers 15 h 30 le 28 juillet, lors du pèlerinage commémorant la Déportation. D’autres briques seront dévoilées à la même cérémonie au cimetière Sainte-Famille.

  • Reconnaissance des bénévoles de la grande région de Halifax
    Reconnaissance des bénévoles  de la grande région de Halifax

    DARTMOUTH – Le Gala annuel de reconnaissance des bénévoles 2013-2014, organisé par le Conseil communautaire du Grand-Havre (CCGH), s’est tenu le 24 mai dernier. Dix-huit organismes de la grande région de Halifax ont souligné l’implication de leurs bénévoles.
    Une enquête réalisée en 2010 a révélé que plus de 13 millions de Canadiens ont fait du bénévolat au cours de cette année-là. La Nouvelle-Écosse a compté près de 500 000 bénévoles, ce qui représente 54 % de la population. « Sans le travail des bénévoles, il n’y aurait pas de développement communautaire francophone dans la municipalité régionale de Halifax. Tous les organismes de la communauté fonctionnent grâce à l’aide et à la contribution des bénévoles », a déclaré Jules Chiasson, directeur du CCGH.

  • Un centre de recherche et d'innovation en sciences à la Baie Sainte-Marie
    Un centre de recherche et d'innovation en sciences à la Baie Sainte-Marie

    POINTE-de-l’ÉGLISE – Le député de Nova-Ouest, Greg Kerr a annoncé le mardi 22 avril dernier un investissement de 482 920 $ du gouvernement du Canada dans ce projet de recherche, de développement et d’innovation dans la municipalité de Clare. Le ministère provincial du Développement économique et rural et du Tourisme investit quant à lui 75 000 $ dans la création de ce nouveau laboratoire à Saulnierville et de deux serres sur le campus de la Pointe-de-l’Église.

    Le projet est le fruit d’une collaboration stratégique des secteurs public et privé afin de stimuler la recherche et l’innovation en milieu rural en Nouvelle-Écosse. Il fait suite aux conclusions de la récente commission Ivany (recteur d’Acadia University), notamment quant à l’engagement de doubler les fonds pour la recherche dans les universités et les collèges ainsi que de trouver des approches durables et à valeur ajoutée pour les industries traditionnelles.

  • L'hiver a causé d'importants dégâts en Nouvelle-Écosse

    POINTE-de-l’ÉGLISE − Le blizzard du mercredi 26 mars avec des vents s’élevant à quelque 153 kilomètres à l’heure a laissé ses traces à Pointe-de-l’Église. En plus de démolir le phare it, les vents ont endommagé, entre autres, un des quatre pics de l’église Sainte-Marie à proximité.

    Le phare de la Pointe, construit en 1874, était devenu un lieu historique sur le campus de l’Université Sainte-Anne, juste à côté. Il s’agissait d’un des derniers phares en bois dans la province. Le vent a démoli la structure et une bonne partie s’est retrouvée sur le côté de la falaise tout près. C’était un lieu de rencontre pour les étudiants ainsi que pour les promeneurs le long du sentier qui s’étend le long de la côte jusqu’au petit bois derrière l’Université.

    L’église Sainte-Marie, la plus grande église en bois en Amérique du Nord, s’élève à 185 pieds (56,4 mètres) de haut et comprend un ballast de 40 tonnes de roches pour résister aux éléments. Le dommage a été fait à une face des quatre pics à 150 pieds de haut, celui qui pointe vers le campus de l’Université Sainte-Anne. « La face de la pointe indique un petit pic détaché aux deux tiers de sa hauteur, a expliqué André Valotaire, coordonnateur de la paroisse Sainte-Marie. Un autre coup de vent ou la pluie pourrait le détacher. Le vent de la tempête a élevé le morceau détaché de 3 pouces. Il y a une ouverture vers l’extérieur. Ça tient par un ou deux clous au haut et le pic pourrait tomber n’importe quand. »

FacebookTwitterGoogle BookmarksLinkedin